Mais cette généralisation très vite est contestée par diverses catégories sociales, attachées inconditionnellement à leur régime particulier. Si les mutualistes adhèrent aux grandes lignes du projet, ils rejettent en revanche le principe de la caisse unique impliquant la suppression de leurs caisses d’affinité. L’étatisme, la bureaucratisation et plus généralement la disparition pure et simple des œuvres sont particulièrement redoutés. D’abord opposés à la réforme, ils s’orientent rapidement vers un compromis. En février 1947, avec la “ loi Morice ”, la Mutualité reconnaît formellement la Sécurité sociale ; en contrepartie, elle obtient le droit de gérer certains de ses organismes. Les grandes mutuelles de la fonction publique (MGEN, MGPTT), récemment créées, mettent à profit ce droit délégataire, grâce à la loi du 9 avril 1947. Lors de son XIXe congrès national (Aix-les-Bains, 1948), le premier de l’après-guerre, la Mutualité fait le choix définitif de s’adapter au nouveau système et de se moderniser. À partir de 1967, elle s’engage sans réserve en faveur de la Sécurité sociale, au point de s’ériger en rempart d’un système de protection sociale porté à son plus haut niveau possible.
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