La mutualité des ardennes



 © La Vie Ardennaise Illustrée
La mutualité des Ardennes a cent ans

L’Union départementale des sociétés mutualistes des Ardennes sera créée en 1905 et approuvée le 14 mars 1906. Déjà rassemblées dans la « Chambre consultative » depuis 1892, les 141 sociétés mutuelles ardennaises se constituent en Union départementale dès l’avènement de la Fédération Nationale de la Mutualité Française (FNMF).

En 1910, à la mort du secrétaire général, Henri Nautré, une femme, madame H. Mathieu, fait son entrée dans le conseil d’administration de l’Union et le remplace. Elle crée, en 1912, une Mutualité maternelle et souhaite alors ouvrir une Maison de la Mutualité à Charleville où l’on regrouperait les activités de l’Union, la caisse de réassurance, la caisse d’assurance des retraites ouvrières et paysannes, la mutualité maternelle, la comptabilité et les sociétés locales. Nous sommes en août 1914, le sort en décidera autrement. Le département des Ardennes sera rapidement occupé par l’armée allemande et ne sera libéré qu’en novembre 1918. La résidence du président de l’Union, Georges Corneau, sera même réquisitionnée et deviendra la résidence propre de l’empereur Guillaume II entre 1914 et 1916. Georges Corneau lui est à Paris où grâce à ses relations dans le monde franc-maçon, il y œuvre dans l’organisation de nombreux services sanitaires et sociaux.


A la fin de la guerre, madame Mathieu est toujours secrétaire générale de l’Union. Entre 1920 et 1923, elle y assure aussi les fonctions de trésorier par intérim ; elle est par ailleurs élue au conseil d’administration de la F.N.M.F. en 1919. Sans doute fut-elle la première femme à siéger dans cette instance. En 1924, elle figure parmi les 11 vice-présidents de la FNMF où elle siège jusqu’en 1926, date à laquelle elle quitte et l’Union des Ardennes et ses fonctions à la FNMF.

A partir de 1933, une grave crise économique et financière touche la France. Plus de 1800 ouvriers au chômage dans les Ardennes provoquent une diminution des recettes des assurances sociales gérées par les sociétés de secours mutuels et, une augmentation sensible des dépenses de prestations. La seconde guerre mondiale éclate un peu plus tard, les Ardennes sont de nouveau rapidement occupées, l’Union cessera toute activité dès juillet 1940.


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Après-guerre, l’instauration de la sécurité sociale modifiera l’organisation de la mutualité. C’est le temps de la gestion de la protection complémentaire et des créations sanitaires. Une première clinique dentaire ouvrira en 1949 à Charleville, sous l’égide de Louis Fraison, alors président de la caisse mutualiste chirurgicale ardennaise et président de l’Union.

Dès le début de cette seconde partie du XXème siècle, l’une des plus anciennes sociétés de secours mutuels du département (1865), celle des ouvriers de Revin, devient la mutuelle 08-36, première du département, fer de lance de la mutualité des Ardennes pour avoir développer cabinets dentaires et d’ophtalmologie. Son président, Léon Braconnier devient vice-président de l’Union en 1954, refusant la présidence au motif de ne vouloir cumuler les mandats. Il y restera jusqu’en 1994.


Vingt années plus tard, en 1973, l’Union des Sociétés mutualistes des Ardennes entrera dans une ère nouvelle. Instituteur, directeur-adjoint de la MGEN, Michel Radelet devient le plus jeune président de France et le benjamin du conseil d’administration de la FNMF. Dès la première année de son mandat, le jeune président de l’Union insuffle son dynamisme et une quantité de projets : crèches, foyers pour personnes âgées, services de soins à domicile, restaurants mutualistes… Seront réalisés, des foyers-logements, des services de soins à domicile, des maisons de retraite pour personnes âgées, cabinets d’optique et cabinets dentaires… En 1984, un nouveau siège social de la mutualité des Ardennes est ouvert en plein centre de Charleville.

En 1995, Michel Radelet met fin à son mandat de président de l’Union, André Patureaux, fils d’ouvrier et « homme de terrain » prend le relais. La crise économique et sociale conduit la mutualité à placer la notion de solidarité au centre de ses projets. André Patureaux exercera son unique mandat sous le signe de la lutte contre l’exclusion. Il crée une « boutique santé solidarité » pour accueillir les SDF puis, une forme d’habitat communautaire où des personnes peuvent trouver, à la fois, un logement décent individuel, un espace collectif et la présence d’une animatrice, le tout favorisant l’insertion sociale.


En 1996, quatre-vingt-dix ans après Mme Mathieu, Liliane Leroy accède au poste de Secrétaire Général de l’Union ; elle est aussi administratrice de la FNMF jusqu’en 2004.


Pour en savoir plus lire « Histoire de la Mutualité des Ardennes », Jérémy Dupuy, Editions Terres Ardennaises, 2006




exposition 2006

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