|
1945-1975
|
La préoccupation de la démocratie sociale apparaît prédominante dans le contexte de la Libération. La mise en œuvre du plan français de Sécurité sociale, semble augurer une nouvelle phase de développement pour les institutions de l’économie sociale. Mais, le confinement des mutuelles dans une position complémentaire plonge la majorité des mutualistes dans le désarroi. Les gestes d’ouverture des pouvoirs publics (code de la mutualité libéralisé, gestion du régime social des fonctionnaires confiée aux groupements mutualistes, statut garantissant l’autonomie des mutuelles d’entreprises, etc.) dissipent finalement l’inquiétude des intéressés. Au terme d’un long effort de rénovation, la Mutualité française substitue le principe d’indépendance à celui de neutralité, en 1967. Elle affirme dans les années soixante-dix son double caractère de gestion et d’action, d’entreprise et de mouvement, en vue d’assurer la défense de ses libertés et celle du régime obligatoire. |
Le principe mutualiste appliqué à la protection des biens connaît un essor remarquable pendant les « trente glorieuses ». Après la MAIF et la GMF, la MAAF, la MACIF, la MATMUT, élargissent sensiblement le réseau des grandes mutuelles d’assurance. Elles se rassemblent, en 1964, dans le Groupement des entreprises mutuelles d’assurances (GEMA), en vue de promouvoir une approche mutualiste des techniques assurantielles. La progression spectaculaire de la coopération agricole, initiée par des agriculteurs soucieux de garder la maîtrise de leur activité, ne va pas sans conséquences pour le sort de la petite exploitation familiale, ni sans dommages environnementaux, causés par l’emballement productiviste. Si la mutualité de crédit, stimulée par un Trésor public désireux d’encourager l’épargne populaire jusqu’en 1966, connaît une trajectoire ascendante, le constat s’inverse pour les coopératives de consommation, confrontées à la déferlante des hypermarchés et de la grande distribution. |
Le monde associatif a le vent en poupe dans cette période. Auxiliaire, souvent privilégié de la gestion des politiques publiques, il manifeste ses facultés créatives, particulièrement dans les domaines du sport, de l’action culturelle, du tourisme, etc. Depuis la naissance de l’Union nationale interfédérale des œuvres privées sanitaires et sociales (UNIOPSS), en 1947, l’emprise du milieu associatif n’a cessé de se renforcer dans ce secteur, notamment par la prise en charge des populations sacrifiées sur l’autel de la croissance. La question se pose, toutefois, de savoir si cette cogestion ne risque pas d’altérer la fonction tribunitienne irremplaçable du mouvement associatif ? |
|
|