1975-1990


RECONNAISSANCE INSTITUTIONNELLE ET CRISE

Au début des années 1980 l’économie sociale suscite en France un regain d’intérêt, en renouvelant une réflexion de sortie de crise crispée sur la question de la privatisation ou de la nationalisation. Le gouvernement de gauche s’attache à lui conférer une légitimité, par la création en 1981 de la Délégation interministérielle à l’Economie sociale (DIES), pour laquelle la rencontre d’Henri Desroche avec Michel Rocard a joué un rôle de catalyseur. L’institutionnalisation du secteur est en outre renforcée en 1986 par un rapport du Conseil économique et social, qui reconnaît comme référence commune aux entreprises d’économie sociale les principes de fonctionnement démocratique, volontariat et but non lucratif.


Au cours des quinze dernières années, l’économie sociale a acquis un poids économique considérable, même si certaines branches se sont affaiblies. C’est le cas du mouvement de la coopération de consommation, autrefois porteur d’un projet social et foyer d’inspiration de la pensée coopérative, qui s’est trouvé en déclin continu depuis vingt ans, face à la révolution commerciale des hypermarchés. En revanche, la coopération demeure un mode d’organisation privilégié dans l’agriculture, et l’activité des banques coopératives et des mutuelles assurances se caractérise par son dynamisme. Bien que soumises à la concurrence libérale, les mutuelles de santé sont devenues les composantes indispensables du système de protection sociale. Quant aux associations, elles ont connu un développement spectaculaire et concernent quasiment tous les aspects du quotidien des Français, même si leur incidence économique reste difficile à évaluer.


 

Le secteur de l’économie sociale bénéficie d’une bonne image de marque en raison de sa contribution à l’innovation sociale, au développement local, à la création de liens sociaux. En résumé, les entreprises d’économie sociale sont indéniablement socialement utiles, à condition de déjouer l’écueil de la banalisation face à la pression libérale, et de donner constamment à voir leur spécificité fondée sur le non assujettissement au capital.



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