|
Une définition
|
Economie sociale, économie solidaire, économie associative, troisième voie ? On ne peut entrer ici dans les nuances des différents termes qui définissent la réalité si complexe de ce secteur qui ne relève ni du capitalisme ni du socialisme d’Etat. Depuis un siècle, date de l’émergence du mouvement associatif, l’économie sociale repose en permanence sur ce dernier ainsi que sur la coopération et la mutualité, apparues toutes deux au début du XIX siècle en réponse aux nouveaux besoins de la société, issus de la révolution industrielle. Depuis ses origines, l’économie sociale s’inscrit à la croisée de l’économique et du social. Elle ne peut le faire sans tensions dans la mesure où les réalités économiques entrent souvent en conflit avec la satisfaction des besoins sociaux. Ainsi, les entreprises de l’économie sociale qui se veulent être des entreprises “ pas comme les autres ” restent aussi, et elles le savent bien, des entreprises. Elles doivent donc être gérées en répondant aux impératifs économiques, avec une rigueur analogue mais elles ne sont pas destinées à faire d’abord du profit : elles s’efforcent en premier lieu de répondre à des besoins sociaux. Qu’elles réalisent des produits marchands ou des services, elles refusent de le faire au détriment des besoins sociaux fondamentaux de ceux qui les produisent. |
La nébuleuse de l’économie sociale est donc bel et bien une réalité qui se singularise au moins sur quelques points essentiels. Tout d’abord et à la différence des compagnies d’assurance, les entreprises de l’économie sociale, tout en recherchant une gestion efficiente et équilibrée, n’ont pas pour vocation première de faire du profit mais de redistribuer l’actif social qu’elles contribuent à produire : elles redistribuent leur avoir sur un mode égalitaire ou le plus souvent elles le réinvestissent au service de nouveaux projets. Par ailleurs, elles s’adressent à un large public en se refusant à faire des discriminations. Ainsi, la mutualité se refuse à faire une sélection entre un “ bon ” public, solvable et un “ mauvais ” qui ne disposerait pas des revenus suffisants. Enfin, toutes les entreprises de l’économie sociale reposent sur le principe : un homme, une voix. Elles s’efforcent, autant qu’elles le peuvent, de faire aussi de leurs adhérents les acteurs de leurs propres réalisations et d’éviter toute séparation entre deux catégories, ceux qui réalisent et ceux qui bénéficient. Gageons que, au lendemain de la faillite de l’économie dirigée — l’implosion des pays se réclamant du socialisme réel — et devant la crise de l’Etat providence et de la montée du libéralisme, l’économie sociale soit appelée à un grand avenir. |
|
|