Durant l’entre deux guerres, l’histoire de la protection sociale s’organise principalement autour des Assurances sociales qui, instaurées en 1930, élargissent de façon considérable le champ de la couverture obligatoire. Mais les enseignants, comme l’ensemble des fonctionnaires, figurent parmi les “ exclus “ de ce système qui s’élargit pourtant jusqu’en 1945 à un nombre croissant de salariés.
Cette particularité contribue dès lors et de façon involontaire à un développement rapide de la mutualité enseignante, même si les particularismes corporatifs continuent d’être puissants.
La crise économique et sociale que connaît le pays durant cette décennie ne facilite pas non plus les choses pour les mutualistes. Toutefois, plusieurs organisations régionales et nationales se constituent et se consolident. La Mutuelle assurance automobile des instituteurs de France voit le jour en 1934, un an après la Fédération nationale des œuvres mutualistes de l’enseignement public. En 1938 cette Fédération rassemble 73 groupements départementaux. De son côté, l’UNSSMI a pu ouvrir un second sanatorium à Saint-Jean d’Aulps en Haute-Savoie en 1932.
Dans certains départements, l’élan du Front populaire favorise quelque peu le rassemblement des forces mutualistes : ainsi, dans les Bouches-du-Rhône, le responsable syndical Pascal Léna réussit à regrouper les 14 sociétés mutualistes enseignantes, au sein d’une seule organisation départementale. Cette évolution est également perceptible dans les colonies (Algérie, Maroc, Tunisie). Les sociétés mutualistes enseignantes bénéficient donc fortement dans leur ensemble d’un effet “ en creux ” des Assurances sociales.
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