Les mutuelles enseignantes (1918-1945)


Durant l’entre deux guerres, l’histoire de la protection sociale s’organise principalement autour des Assurances sociales qui, instaurées en 1930, élargissent de façon considérable le champ de la couverture obligatoire. Mais les enseignants, comme l’ensemble des fonctionnaires, figurent parmi les “ exclus “ de ce système qui s’élargit pourtant jusqu’en 1945 à un nombre croissant de salariés.
Cette particularité contribue dès lors et de façon involontaire à un développement rapide de la mutualité enseignante, même si les particularismes corporatifs continuent d’être puissants.
La crise économique et sociale que connaît le pays durant cette décennie ne facilite pas non plus les choses pour les mutualistes. Toutefois, plusieurs organisations régionales et nationales se constituent et se consolident. La Mutuelle assurance automobile des instituteurs de France voit le jour en 1934, un an après la Fédération nationale des œuvres mutualistes de l’enseignement public. En 1938 cette Fédération rassemble 73 groupements départementaux. De son côté, l’UNSSMI a pu ouvrir un second sanatorium à Saint-Jean d’Aulps en Haute-Savoie en 1932.
Dans certains départements, l’élan du Front populaire favorise quelque peu le rassemblement des forces mutualistes : ainsi, dans les Bouches-du-Rhône, le responsable syndical Pascal Léna réussit à regrouper les 14 sociétés mutualistes enseignantes, au sein d’une seule organisation départementale. Cette évolution est également perceptible dans les colonies (Algérie, Maroc, Tunisie). Les sociétés mutualistes enseignantes bénéficient donc fortement dans leur ensemble d’un effet “ en creux ” des Assurances sociales.


De façon sans doute inattendue, la Seconde Guerre mondiale ne remet pas fondamentalement en cause cette évolution et les sociétés enseignantes sont relativement épargnées par le contexte. Comme l’ensemble du pays, elles se heurtent bien évidemment à de multiples obstacles : désorganisation due à la mobilisation puis à la débâcle, conséquences de la dissolution des organisations syndicales, vie matérielle difficile, répression et persécutions contre de nombreux militants. Toutefois, le gouvernement encourage, pour mieux les contrôler, la création de sociétés de secours mutuels dans les ministères, en particulier avec la loi du 19 août 1943 relative à la politique sociale de l’Etat en faveur de son personnel. Une aide étatique est apportée aux organisations mutualistes, sous la forme d’une subvention égale à la moitié des cotisations que versent les adhérents et leurs familles. La continuité mutualiste n’est donc pas brisée par le régime de Vichy et les mutuelles enseignantes arrivent tant bien que mal à poursuivre leurs activités dans les conditions les plus diverses.



exposition 2007

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