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1898-1904
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Les débats des congrès mutualistes rencontrent un écho favorable auprès du législateur. La Charte de la mutualité, loi de liberté républicaine adoptée en 1898, reconnaît aux femmes une place nouvelle au sein de la Mutualité. Elles peuvent désormais non seulement adhérer aux SSM, mais en créer de nouvelles, sans le consentement de leur mari, et y exercer des responsabilités identiques à celles des hommes. L’avancée est de taille, puisqu’il faut attendre 1920 pour qu’une femme puisse se syndiquer sans l’autorisation du conjoint et 1944 pour qu’elle participe au suffrage universel. Pour autant, la Charte mutualiste n’efface pas toute disparité juridique et toute discrimination dans la pratique quotidienne des sociétés. | ||
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Au VIe congrès national, réuni à Reims en août 1898, Philippe Gyoux rapporteur sur la condition féminine ne conjure-t-il pas les délégués d’en finir avec « les arguments de vieux garçons » ? Léopold Mabilleau, futur président de la FNMF, déplore le fait que la femme soit restée trop longtemps étrangère à la Mutualité. Il affirme, en se référant à la Charte, que « c’est vers elle que doivent se tourner les premiers efforts de la liberté reconquise des mutualistes ». Malgré ces recommandations de congrès, la mutualité familiale demeure balbutiante. Moins de 9 % des sociétés approuvées admettent alors les enfants, soit 1 enfant pour 21 adultes. De plus, la controverse sur la dimension financière de la couverture féminine reste vive au sein du mouvement. |
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Le VIIIe congrès national, réuni à Nantes en 1904, deux ans après la naissance de la FNMF, marque la volonté de sortir enfin d’une conception individualiste, qui fait de la société « une masse compacte de célibataires ». Au terme de débats passionnés sur le « particularisme féminin », l’assemblée plénière consacre le principe d’égalité : « Les SSM considèrent les femmes en couches comme des malades ordinaires devant recevoir des médicaments en cas de maladie quelconque ». Les termes de la résolution soulignent l’ampleur du chemin parcouru, mais aussi de celui restant à parcourir. |
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