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Ticket modérateur ?
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Le fait de considérer comme souhaitable un certain niveau de participation des usagers au financement des dépenses de santé, n’implique nullement de renoncer à la garantie d’un accès aux soins indépendant du revenu, notamment pour les catégories les plus fragiles. De ce point de vue, la franchise et le ticket modérateur se sont révélés à l’usage de « très mauvais instruments ». |
Les années 1970 auraient pu, néanmoins, ouvrir une période favorable à la réconciliation de l’équité et de l’efficacité. La première contre-réforme de la Sécurité sociale de l’après-guerre, la réforme Jeanneney de 1967, qui accentuait la fonction régulatrice du ticket modérateur, venait d’essuyer un échec retentissant. Clément Michel, l’un des co-fondateurs du système, écrit en mars 1970 : « Comme on pouvait s’y attendre le fleuve ne s’est pas arrêté une seconde de couler et a emporté avec lui le barrage de papier du journal officiel ». |
Pour la première fois, en 1973, un rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) s’inscrit à contre-courant de l’idée convenue selon laquelle la couverture complémentaire du ticket modérateur provoque un comportement inflationniste. Si dans cette enquête, la consommation de soins de premières nécessités s’avère souvent supérieure à la moyenne chez les assurés disposant d’une protection complémentaire, le dépassement est compensé par une consommation plus modérée des soins les plus coûteux, les soins hospitaliers. |
La conclusion claque comme un coup de tonnerre : « En matière d’assurance maladie, limiter ne vaut, car limiter, c’est déplacer. Il faudrait même sans doute dire : en matière d’assurance maladie, limiter est dangereux, car c’est déplacer en hausse * ». Saluée par la FNMF comme la « fin d’un mythe », l’analyse de l’IGAS devait, hélas, disparaître comme une étoile filante du paysage social français, sans que sa pertinence ne fût jamais véritablement contestée. |
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Nouvelle expo 2008
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