La mutualité bordelaise


La première Caisse de secours mutuels apparaît en 1838 à Bordeaux. Créée par des notables et dirigée par Félix Girard, son principal initiateur, elle fonctionne sur le principe de la libre prévoyance. Après des débuts difficiles, elle deviendra une société de secours mutuels municipale qui, tout en concurrençant l’existant, coexistera et renforcera la mutualité dans son œuvre de régulation sociale. Car il existait déjà des sociétés de secours mutuels corporatistes qui unissaient les ouvriers des huileries, tanneries et brasseries ainsi que des imprimeurs, des verriers, des faïenciers. Tous composaient le terreau économique du département de la Gironde (environ 25 000 ouvriers).


C’est à partir de 1852 que la mutualité bordelaise, jusqu’alors strictement professionnelle, perd son homogénéité et tend à la diversification. En 1870, plus d’une société de secours mutuels sur deux rassemblent des membres selon des critères aux caractéristiques plus associatives ; et, en 1885, la mutualité de Gironde se dote d’un « syndicat girondin des institutions de prévoyance et de la mutualité » qui contribuera activement à la diffusion de la pratique mutualiste… Dix ans plus tard, il fédère 56 sociétés de secours mutuels sur les 430 que compte le département. Il opère sa transformation en union départementale dès 1901 tout en conservant son appellation originelle et réunit 112 sociétés de secours mutuels sur les 560 existant en 1904 dans le département.


Dès 1921, l’union départementale s’était constituée en Union mutualiste de la Gironde, réunissant les départements de Gironde, des Landes et du Lot & Garonne. Au-delà de l’amélioration de la garantie du risque maladie, les sociétés locales s’orientent vers de nouveaux besoins comme le chômage et le développement de services de proximité ; entre 1921 et 1928, quatre pharmacies mutualistes seront ouvertes dans différents quartiers de Bordeaux tandis que les premières caisses d’assurance chômage apparaîtront dès le début du XXème siècle à Bordeaux. En 1930, à l’ouverture de la clinique du Pavillon de la Mutualité, l’Union compte 346 sociétés et 28 000 membres.

Une deuxième clinique mutualiste sera inaugurée en 1962 à Pessac. Aujourd’hui elle porte le nom d’Arnaud Duben, célèbre président du Pavillon de la Mutualité, à l’origine de son existence. Celle-ci participe au service public hospitalier depuis le début des années 1980. Dès 1990, une maison de retraite est ouverte dans le parc de la clinique, puis un laboratoire d’analyses médicales. La clinique mutualiste Lesparre Médoc fonctionne quant à elle depuis 1969. Elle dessert un secteur géographique d’une distance de 100 kilomètres qui s’étend de la pointe de Grave aux portes de Bordeaux. Elle accueille 85 % de patients provenant du département de la Gironde et 15 % de patients étrangers au département (France et étranger).


A partir des années 1980, bien d’autres œuvres mutualistes jalonneront le développement de la mutualité dans le département. Elles couvrent tous les secteurs de la protection de la santé et des services à la personne, compléments indispensables de l’assuré social en ce début de XXIème siècle.

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