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Les syndicats
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Le mouvement syndical se constitue bien plus tardivement que la mutualité puisque ses premières structures apparaissent au tournant des années 1880. Sur le plan de l’organisation nationale, les syndicalistes rattrapent les mutualistes puisqu’ils constituent la Confédération générale du travail (CGT) en 1895 ; toutefois la CGT fait véritablement ses premiers pas en 1902, date de constitution de la FNMF. |
En revanche, l’intervention syndicale dans la gouvernance de la protection sociale est beaucoup plus tardive dans la mesure où jusqu’à la Grande Guerre, les syndicalistes se soucient fort peu de ces questions. Se situant dans une stratégie qualifiée de syndicaliste révolutionnaire, ils cherchent essentiellement à transformer la société par le biais de la grève générale et ne croient pas aux réformes qui peuvent être réalisées. La CGT est hostile à la loi sur les Retraites ouvrières et paysannes de 1910 car, comme le dit un de ses dirigeants, on ne peut pas à la fois vouloir détruire l’Etat et lui demander d’organiser des retraites. Dans ces conditions, le rôle de la CGT dans la gouvernance de la protection sociale reste très faible jusqu’en 1914. |
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Les choses changent largement durant la Grande Guerre où la majorité de la CGT fait l’apprentissage du réformisme et de la gestion. Aussi, dès 1919-1921, la CGT confédérée, animée par des socialistes autour de Léon Jouhaux, se prononce en faveur des Assurances sociales : la CGT confédérée défend ce point de vue sans relâche jusqu’en 1930 puis constitue ses propres caisses d’Assurances sociales qui ne dépassent guère 5 % du total des assurés sociaux. Il est vrai que les cégétistes confédérés interviennent également dans la gestion des Caisses départementales d’Assurances sociales, aux côtés des mutualistes et du patronat. De son côté, la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), qui a vu le jour en 1919, regroupe dans des propres caisses environ 7 % des assurés sociaux. Quand à la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) qui, de 1921 à 1936, est animée par les communistes, elle dénonce les Assurances sociales et refuse de créer ses propres caisses. A la Libération, le courant unitaire dans la CGT, toujours dirigé par les communistes autour de Benoît Frachon, représente les quatre cinquième des forces de la Confédération : c’est alors que ses militants s’investissent dans la gestion de la Sécurité sociale naissante alors qu’ils n’ont pratiquement aucune expérience en ce domaine. |
La gouvernance de la protection sociale par les organisations syndicales est donc étroitement tributaire de leur histoire complexe, marquée par les changements de stratégie survenus durant les deux guerres mondiales et le Front populaire ; les divisions syndicales ont eu également leur importance. A partir de la Libération, cette histoire se poursuit avec la Sécurité sociale et concerne également Force ouvrière (FO) à partir de 1948 ainsi que la Confédération française démocratique du travail (CFDT) à partir de 1964. |
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expo - Juin 2007
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