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Les années 1845-1850 sont difficiles pour le mouvement social britannique qu’il s’agisse de ses sociétés de secours mutuels, ses organisations syndicales mais aussi d’autres organismes issus d’une classe ouvrière en formation et déjà importante, telles les banques d’épargne et les coopératives de consommation. En effet, c’est également en Grande-Bretagne qu’avec Robert Owen et les Equitable Pionniers de Rochedale est inventé en 1844 cette forme d’organisation sociale qu’est la coopération de consommation : tout en étant adaptée, elle sera copiée dans de nombreux autres pays. A partir de 1855, les Friendly Societies reprennent leur marche en avant et connaissent une croissance quasiment ininterrompue jusqu’à la Première Guerre mondiale : elles sont au nombre de 2 750 000 en 1877 et passent à 6 623 000 en 1910, soit près du double des effectifs mutualistes français. “ Parrain ” de la Mutualité française, Léon Bourgeois compare en 1898 les effectifs des mouvements britanniques et français pour exhorter les seconds à faire aussi bien que les premiers.
Pourtant dès cette époque, ces succès cachent des faiblesses qui vont se révéler après 1918. Tout d’abord, on assiste à un vieillissement relatif de ces groupements. Ensuite, la concurrence des compagnies commerciales d’assurance — elles émergent à partir des années 1850 — tourne de plus en plus à leur avantage, au détriment des mutualistes. Enfin, l’instauration, par le gouvernement d’un système de retraite en 1909 puis d’un système d’assurance maladie en 1912 — tous deux sont inspirés des Assurances sociales allemandes mise en place depuis la décennie 1880 — ont des effets contradictoires. Les Friendly Societies se sont d’abord opposées à ces systèmes mais en raison des problèmes financiers dus au vieillissement de leurs adhérents, elles doivent se résigner à accepter ce nouveau cadre ; aussi participent-elles en 1912 aux négociations relatives à l’instauration d’une assurance maladie nationale.
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