L’histoire de la mutualité en Indre-et-Loire débute au XIXème siècle dans les zones urbaines – Tours, Chinon, Amboise, Château-Renault – où l’industrie atteint un grand développement et salarie un grand nombre d’ouvriers. La première mutuelle recensée dans le département est celle des ouvriers tanneurs de Château-Renault en 1824.
A la fin du XIXème siècle, parmi ces sociétés de secours mutuels des villes et des villages tourangeaux, influencées par les métiers et l’entreprise paternaliste, deux groupes vont constituer les moteurs de la vitalité mutualiste : les instituteurs et institutrices, propagateurs de laïcité et d’idées nouvelles d’une part, les « voyageurs de commerce » encadrés des notables politiques, d’industriels et de commerciaux, convaincus du développement d’une économie sociale solidaire, d’autre part.
En 1910, de nombreuses sociétés de secours mutuels locales se sont déjà engagées dans la création de caisses de retraite. En Indre-et-Loire, les instituteurs se mobilisent pour obtenir l’application de la loi des retraites ouvrières et paysannes quand parmi la « masse ouvrière » montent des protestations résistantes « A-t-on le droit de prélever sans notre consentement une part de notre salaire ? » Cependant, l’Union des mutualités de l’Indre-et-Loire décide d’organiser la collecte en créant une caisse de retraite mutualiste à laquelle sont affiliées ses sociétés de secours mutuels. Commerçants et industriels incitent leurs salariés à adhérer à cette caisse de retraite. En janvier 1913, ils sont 3 167 assurés inscrits. Par ailleurs, une Union pharmaco-mutualiste assure aux sociétaires la fourniture de médicaments dans les meilleures conditions, avec l’accord de la Chambre syndicale des pharmaciens. C’est un tel succès que lorsque vient le projet de loi sur l’invalidité et celui instituant des dispensaires d’hygiène sociale et de prévention antituberculeuse, le préfet du département enquête sur la couverture mutualiste assurée par l’Union départementale.
|