La mutualité en Loire-atlantique


 © mutualité Loire-atlantique

Dans la région nantaise, comme ailleurs en France avant la Révolution, guildes, confréries, compagnonnages, se constituaient en groupes corporatistes ou cultuels et organisaient le « secours mutuel » solidaire et réciproque entre leurs membres.

Puis, l’ascension de l’ère industrielle et le soutien d’une bourgeoisie ouverte aux idées de progrès, soucieuse de cohésion sociale, qui essayait de fédérer les énergies populaires autour de l’entraide et le progrès, permettront à la mutualité de devenir un mouvement social de premier plan.


C’est ainsi qu’en 1832 est instituée la « Caisse de prévoyance de la Société industrielle », une des premières formes d’organisation large de la mutualité dans le département. La Société industrielle, patronnée par le Duc d’Orléans, est composée d’une pléiade de notables, médecins, banquiers, négociants qui joueront tous un rôle primordial dans l’histoire locale et sociale du département. L’article premier de ses statuts stipule « l’association philanthropique existant à Nantes sous le nom de Société industrielle a pour but l’amélioration morale, intellectuelle et physique de la classe ouvrière… » Elle crée par ailleurs le Comité de secours mutuels pour les ouvriers de la ville de Nantes, qui deviendra plus tard la Prévoyance industrielle. Chaque ouvrier paie cinq sous par semaine, soit treize francs par an. Les fonds sont abondés par une dotation annuelle de la Société industrielle, ils permettent à l’ouvrier « associé » qui tombe malade d’être soigné gratuitement ; celui-ci reçoit un franc par jour d’arrêt de travail pour maladie.

Vint le Second Empire et le décret napoléonien du 26 mars 1852 qui pose les fondations d’un réseau mutualiste structuré. Un grand nombre d’anciennes sociétés vont progressivement demander l’approbation et, en Loire-Inférieure, de nombreuses communes vont créer leur mutuelle, avec dans leurs rangs tous les notables des villes et villages. D’autres sociétés d’entreprise se constituent dans tout le département ainsi que des sociétés professionnelles, telle celle des Instituteurs et Institutrices de Loire-Inférieure(1859), ancêtre de la section MGEN d’aujourd’hui.


Avant la fin du XIXème siècle, la mutualité étend son expansion sur tout le territoire national. En Loire-Inférieure sera même autorisé par arrêté préfectoral (1894) « le syndicat mutualiste de Loire-Inférieure » Ce syndicat jouera un rôle important dans l’élaboration de la Charte de la Mutualité (1898) et dans la mise en place de la Fédération nationale qui suivra. Le 29 mars 1903, au cours d’une assemblée générale, ce syndicat devient la Fédération mutualiste de Loire-Inférieure qui rassemble alors soixante-quinze sociétés de secours mutuels du département. Puis, Nantes recevra en 1904 le huitième congrès de la mutualité où s’affirmera la doctrine de la toute nouvelle fédération nationale de la mutualité française – FNMF – créée en 1902. Le Président de la République, Emile Loubet, vient à Nantes le 14 juin 1908, accompagné du Président de la FNMF, Léopold Mabilleau, pour fêter le soixante quinzième anniversaire de la Société Industrielle. Tous ces événements prestigieux accélèrent le renouveau de la mutualité départementale.


La première œuvre sociale de l’Union départementale, née de la dissolution de la fédération mutualiste départementale en février 1905, dans le sillage du Congrès de Nantes et qui regroupait alors 117 sociétés de secours mutuels, est une pharmacie située au 10 de la rue Scribe à Nantes. Une autre pharmacie sera ouverte à St-Nazaire en 1920.

L’Etat institue les Retraites ouvrières et paysannes en avril 1910 ; l’Union départementale créera sa Caisse mutualiste de retraites ouvrières en 1911. Elle s’installe dans les locaux de l’Union départementale. Le projet d’acquérir une Maison de la mutualité prend alors corps, mais il faudra attendre l’après-guerre pour le réaliser (1921)
Des débats animés s’élèveront au cœur du mouvement quand viendront se profiler les assurances sociales ; c’est alors que le besoin d’informer et de fédérer donnera naissance au « Mutualiste de Bretagne » en 1927. Le Centre médical mutualiste de la rue des Hauts-Pavés ouvrira juste avant le prochain conflit mondial.


 © mutualité Loire-atlantique

Dans la tourmente de la seconde guerre mondiale, la mutualité départementale, touchée dans ses institutions et dans ses structures, a résisté et s’est maintenue. Quand la sécurité sociale se met en place à la Libération, elle oblige à une réorganisation de la mutualité et, en Loire-Inférieure, le projet d’une clinique mutualiste déjà évoqué avant-guerre sera finalement réalisé à Mellinet. D’autres réalisations suivront : Maison de la Mutualité à Saint-Nazaire, centre social coopératif d’optique (passage Pommeraye), une autre clinique à Saint-Nazaire suivie de réalisations pour personnes âgées… et de loisirs-vacances. Au début des années 1970, « Air et Soleil Mutualité » proposera des voyages organisés et ouvrira même ses propres lieux de résidence de vacances. La toute nouvelle Fédération mutualiste de Loire-Atlantique s’organise grâce aux synergies des deux grandes unions du département, l’union départementale rue Désiré-Colombe à Nantes et l’union mutualiste familiale rue de Bel-Air à Nantes.

Puis, en 1976 est créée l’UMLA – Union mutualiste de Loire-Atlantique - qui regroupe les patrimoines immobiliers et financiers des deux grandes unions, devient le seul employeur de tout le personnel et seule propriétaire ou locataires des immeubles. Son siège est installé à Nantes, 4 rue Désiré-Colombe ; la mutuelle familiale pour tous devient LAM – Loire-Atlantique Mutualité - ; un centre informatique atlantique mutualiste, le CIAM, est créé à Sainte-Luce-sur-Loire.
Dans un monde en perpétuel mouvement, les mutuelles de Loire-Atlantique ont anticipé et innové sans cesse pour conserver leur efficacité économique tout en préservant l’éthique du mouvement.



Pour en savoir plus



expo - juin 2007

clic pour imprimer