La mutualité de Lot-et-Garonne



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Dans ce département les premières sociétés de secours mutuels apparaissent vers 1830 sous l’aspect de confréries religieuses et les compagnonnages.

Les plus nombreuses sont celles à forte inspiration religieuse (aide charitable « en nature »), les quelques autres liées au monde du travail tenant davantage du compagnonnage et tournées vers la prévoyance (secours « en espèces »).

Leur développement sera assuré grâce à Louis Napoléon Bonaparte. Défendant « l’extinction du paupérisme », il promulguera un décret-loi reconnaissant l’existence des sociétés de secours mutuels. La mutualité impériale est ainsi installée.


En 1854, à Astaffort, naît alors la première société de secours mutuels dite « approuvée ». En effet, sur les biens confisqués aux Orléans, ces sociétés « approuvées » bénéficiaient d’avantages financiers substantiels. En contrepartie, leurs statuts et activités étaient étroitement soumis au contrôle du pouvoir central. Les membres honoraires de ces sociétés approuvées sont des notables qui ne bénéficient pas des prestations mutualistes ; ils y apportent des dotations financières et leur caution morale. Ainsi le patronat prenait souvent indirectement le pouvoir.

Dans cette deuxième partie du XIXème siècle, le médecin est « abonné » à la société de secours de mutuels. Il examine les patients (les adhérents de la société de secours mutuels), il est rémunéré par la société mutualiste, il peut être congédié par elle. Les sociétaires se confient donc contraints et forcés à un médecin donné.


A la fin du Second Empire en Lot-et-Garonne, le nombre de ces sociétés de secours mutuels est cinq fois moins important en effectifs et en nombre de sociétés que dans le département voisin de la Gironde, plus industrialisé.

Il faudra attendre la chute du Second Empire pour constater un développement rapide des sociétés de secours mutuels « approuvées » dans le département. En 1903 quelques 222 sociétés d’hommes, de femmes ou des sociétés mixtes s’y répartissent contre seulement 78 trente ans auparavant. Leurs présidents ne sont plus nommés par le pouvoir central mais élus en assemblée générale. Cette mutualité républicaine est aussi porteuse de laïcité ; les sociétés de secours mutuels abandonneront progressivement les usages dont elles ont hérité des confréries et corporations pour des ambitions plus vastes d’action solidaire. Elles se fédèrent en unions départementales de mutuelles. En Lot-et-Garonne, on assistera alors à un véritable élan fédérateur jusqu’aux années 1920.


Ce fut aussi la période d’une intégration plus forte des femmes et l’accès au libre choix du médecin. La Grande Guerre puis l’instauration des assurances sociales obligatoires contraignirent la mutualité Lot-et-Garonne à ajourner deux grands projets : la création d’une Maison de la mutualité à Agen et celle d’une caisse chirurgicale. Cette dernière fut néanmoins fondée en mars 1931 par deux chirurgiens d’Agen, les docteurs François Delmas et Raymond Belly.



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Vint ensuite la seconde guerre mondiale qui plongea la mutualité de Lot-et-Garonne dans un long sommeil dont elle ne s’éveilla que dans les années 1970. En 1975, suivant l’exemple d’autres départements, l’union départementale de Lot-et-Garonne décide de la création d’un premier centre optique à Agen, qui ouvrait ses portes rue de la Grande Horloge le 1er novembre 1977, malgré la contestation du Syndicat des opticiens du Sud-Ouest. Aujourd’hui, on en compte six, ainsi que 3 centres d’audioprothèse, 4 centres de santé dentaire et une pharmacie mutualiste à Fumel. Un service d’hospitalisation à domicile balisant tout le département fonctionne depuis Août 2006 et, dans les prochaines années, une unité de vie pourra accueillir une vingtaine de personnes, en plein centre d’Agen.



exposition 2006

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