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Né en 1859, Léopold Mabilleau, après avoir obtenu l’agrégation de philosophie, enseigne à la Faculté des lettres de Toulouse ; il est aussi conseiller municipal de cette ville de 1884 à 1888. Il rencontre le monde de l’économie sociale après être devenu en 1897 le secrétaire du fondateur du Musée social. Assistant au VIe congrès national de la Mutualité (Reims, 1898), Mabilleau sent, selon son témoignage, “ vibrer en lui l’âme de la Mutualité ”.
Dès lors il joue un rôle essentiel dans le mouvement. De 1900 à 1926, il enseigne également les assurances et la prévoyance sociales au Conservatoire national des arts et métiers.
En 1902, il est élu le premier président de la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF). Son action s’organise dans trois directions. Tout d’abord, il est un excellent porte-parole du mouvement qui se construit alors en organisation nationale : il sait le faire connaître dans toute la France en organisant d’énormes manifestations auxquelles participent la plupart des dirigeants politiques républicains. Bon orateur, doué de charisme, Mabilleau aide au développement de nombreuses unions départementales tout en définissant le rôle que ces structures doivent jouer par rapport aux groupements de base. Il fait beaucoup pour propager une image positive de la Mutualité. Ensuite, dès 1904, Mabilleau comprend que l’État va jouer un rôle croissant dans la protection sociale et que les mutualistes doivent composer avec lui. Enfin, il jouit d’un rayonnement international grâce aux tournées de propagande en faveur de la mutualité qu’il fait à l’étranger, notamment aux États-Unis et en Amérique latine ; il est aussi le président de la Fédération internationale de la mutualité qui, de 1905 à 1914, jette les premières bases d’une action mutualiste internationale
À partir de 1914, son rôle est moindre ; contraint de démissionner de ses responsabilités en 1921, il meurt dans l’oubli en 1941.
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