Cette évolution se précipite quand, suite à la loi de 1898, ils obtiennent la possibilité d’organiser toutes les formes possibles de regroupement. Ces derniers sont d’ailleurs plus faciles à réaliser en province qu’à Paris où, en 1914, il n’existe toujours pas de local commun aux mutualistes ; en revanche, ce type de “ Maisons ” existe alors dans plus de vingt villes de province. Certaines – Lyon, où un bâtiment imposant regroupant toutes les sociétés de la ville est construit avec l’aide de la municipalité, Marseille ou Saint-Etienne — sont importantes, d’autres (Aubagne, Cognac, Soissons ou Vesoul) le sont moins. Durant l’entre-deux guerres, le renforcement de la mutualité, dû notamment à sa forte implication dans la gestion des Assurances sociales, permet la construction de nouveaux locaux ; le plus emblématique est à Paris, le Palais de la Mutualité inauguré en 1931 en présence des plus hautes autorités de l’Etat. Dans la décennie 1930 et jusqu’à la Libération, les locaux mutualistes se confondent souvent avec ceux des Assurances sociales.
La création de la Sécurité sociale a d’abord pour conséquence une certaine dépossession des locaux mutualistes ainsi qu’une réduction de son personnel. Mais cette phase difficile est brève et bientôt, la croissance nouvelle que connaît la mutualité entraîne la construction de nouveaux locaux. Non sans des différences de situation considérables. Créée en 1902, la Fédération nationale a été installée au Musée social jusqu’en 1921 puis a eu son siège dans plusieurs bâtiments parisiens avant de s’installer définitivement dans ses propres locaux, rue de Vaugirard.
Le 2 juin 1989, lors de l’ inauguration officielle, le président de la République, François Mitterrand, a salué “ le mariage de la pierre, du verre et du métal qui, à travers cet immeuble, illustre vos propres valeurs, la solidarité, heureux équilibre entre des forces diverses ”.
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