Afin de compléter l'action de la Caisse générale de prévoyance, à laquelle les marins cotisent obligatoirement, l'administration maritime et les municipalités portuaires incitent à la fondation de sociétés de secours mutuels. Souvent dénommées "Sou du marin", ces associations de prévoyance très subventionnées couvrent les frais médicaux des marins, lorsque ceux-ci se trouvent à terre, et de leurs familles. Elles peuvent également octroyer des secours en nature, tels que bons d'alimentation ou de chauffage, ce qui témoigne de l'extrême pauvreté des travailleurs de la mer. Comme le stipule un article du Bulletin de l'enseignement professionnel et technique des pêches maritimes, en 1905 : "La société de secours mutuels doit descendre avec le marin du bateau, l'accompagner à terre et l'assister à son foyer, lui et les siens." Le mouvement de la mutualité maritime ne parvient pas à prendre son essor, malgré le soutien des pouvoirs publics, car il se heurte à l'indifférence des bénéficiaires qui ne cherchent pas à s'impliquer dans le fonctionnement de leurs sociétés, comme c'est la règle en mutualité, et d'une façon plus générale en économie sociale.
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