La mutualité postale



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A la fin du XIXème siècle, télégraphes et postiers, dont la population majoritaire est concentrée dans le département de la Seine, créent en 1842 « l’Union Fraternelle des facteurs de Paris et du département de la Seine » afin de se constituer une « pension de retraite ». Les postiers ruraux sont adhérents de sociétés de secours mutuels fondées par des « notables » municipaux (curé, maire, médecin…) les garantissant contre la maladie, l’invalidité et les frais funéraires. Ceux-là occupent souvent la catégorie des « ambulants », triant dans les wagons-postes, debout plus de 12 heures dans des conditions extrêmes (exiguïté, bruit, poussières d’escarbilles), groupés autour d’une seule lampe à pétrole qui leur brûlait le visage.
C’était parmi le personnel ambulant que l’on comptait le plus de malades, d’accidentés, d’invalides et de décès, population exposée, particulièrement touchée par la tuberculose. C’est pourquoi dès 1902 fut créée une société de secours mutuels « Union et Fraternité » qui protégeait les Ambulants, leurs veuves et les orphelins, initiant une politique de prévention et d’accompagnement de la maladie.


Les trois quarts des effectifs masculins des postes furent mobilisés pour la Grande Guerre (environ 34 000 agents). Au retour, ce sont leurs sociétés de secours mutuels qui leur offriront un rempart contre la misère et la tuberculose, et lutteront pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Elles sont alors sept sociétés de mutualité postale réunissant bon nombre de réalisations communes : sanas, préventoriums, maisons de repos et de retraite, dispensaires, colonies, œuvres diverses… jusqu’en 1945, où l’idée de fusionner l’emporte : la mutuelle générale des PTT (MGPTT*) était née. Dans le même temps, la Sécurité sociale est instituée et postiers et télégraphes intègrent le statut de la fonction publique. Comme les mineurs, les cheminots, les gaziers, les électriciens, ils entendent, en tant que fonctionnaires, assurer eux-mêmes la gestion et l’administration directe de leur régime « particulier » de sécurité sociale, bâti sur la solidarité mutualiste de leur corporation depuis le siècle précédent. La loi du 9 avril 1947 le leur permettra constituant ainsi ce que l’on appelle aujourd’hui un « régime spécial ».


L’extension aux fonctionnaires de la législation de Sécurité sociale destine donc la MGPTT à servir des compléments mutualistes aux prestations de la Sécurité sociale. A la fin des années soixante, elle fonctionne avec 160 sections locales qui emploient 1 700 personnes, salariées et bénévoles, protège 700 000 personnes auxquelles elle propose 13 œuvres sociales, la couverture du ticket modérateur, une aide au logement, une garantie décès, des actions de prévention de la santé. La MGPTT se dotera même de villages de vacances et d’une agence de voyages.


En juillet 1990, la réforme des PTT fait imploser l’entreprise en deux entités publiques : La Poste et France Telecom. Toutefois, le Ministère public confortera la MGPTT dans son rôle et sa mission de gestionnaire de l’assurance maladie pour l’ensemble des personnels, actifs, retraités et ayants droit ; il trace ainsi un bel avenir à la Mutuelle générale.

Pour en savoir plus


(*)devenue Mutuelle Générale en 2000 (MG)



expo 2007

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