A partir des années 1890, la poésie mutualiste, récitée ou lyrique, trouve sa source d’inspiration dominante dans la république sociale en construction. Dès lors, le thème de la convergence républicaine s’exprime pleinement par le vers et la musique jusqu’à la Grande guerre. Le principal artisan de cet accomplissement est Lodoïs Lataste, président d’une SSM de Bègles et secrétaire général adjoint du « Syndicat de la presse mutualiste française ». Surnommé le « Rouget de l’Isle » de la mutualité, sa composition, en 1903, de « l’Hymne à la Mutualité », lui vaut une renommée considérable.
Morceau de bravoure patriotique à tous les sens du terme ; le Général André, ministre de la Guerre, le faisant jouer dans des défilés militaires, son hymne s’affirme comme un acte pédagogique en faveur de la doctrine réformatrice de la mutualité. Simultanément, le chant entonne un « Hymne d’amour des classes prolétaires » et réprouve toute forme de radicalisation : « la lutte, hélas ! c’est le dur égoïsme »
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