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République et colonies
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La création de l’empire colonial français doit beaucoup à l'impulsion républicaine. Après les déconvenues de l’Ancien régime et de l’Empire, l’expédition d’Alger, engagée en 1830 sous le prétexte baroque de réparer un coup d’éventail reçu par notre Consul, avait certes donné le départ de l’aventure coloniale en Afrique. La Monarchie de juillet devait, toutefois, davantage considérer ce type de position comme un point d’appui pour le commerce international et Napoléon III prendre ses distances avec le système lui-même, en poursuivant le projet utopique de fonder un Royaume arabe en Algérie. |
C’est à la République, en pleine fièvre édificatrice, qu’il revient de lancer le pays dans ce que l'on nomme alors : la grande aventure des peuples modernes. S’il y a un âge d’or de l’impérialisme colonial, en France, il se situe sans aucun doute au tournant des 19e et 20e siècles. Symbole de l’engagement des républicains en la matière, leur chef de file, Jules Ferry, s’affirme simultanément comme le réformateur des libertés, de l’école et l’organisateur des plus grandes conquêtes coloniales françaises. L’argument économique, certes sous-jacent, s’affirme second par rapport aux motivations politiques et idéologiques. Ferry n’affirme-t-il pas, en 1885, pour justifier la démarche de son gouvernement : « les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ». |
En s’arrogeant une mission civilisatrice, la société française prend l’engagement implicite de ne pas recourir exclusivement aux politiques de force. Celles-ci avaient, il est vrai, défavorablement impressionné l’opinion publique après les sanglantes exactions militaires au Congo, au Soudan et en Indochine. Une doctrine spécifiquement française de l’Etat colonisateur pose alors le principe d’un apport aux populations autochtones notamment en matière de santé publique et de scolarisation, voire de citoyenneté. Dans ce contexte, la pratique mutualiste suscite d’autant plus l’intérêt des gouvernants que depuis la loi de 1898, un certain nombre de sociétés de secours mutuels se sont implantées dans les possessions coloniales. Le temps est venu de structurer et de développer leurs activités. |
Le premier empire colonial français est en bleu clair, le second en bleu foncé. |
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exposition 2006
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