Après lecongrès de Saint-Malo (1967) et les retombées des évènements de 1968, la Mutualité française aborde les années 1970 avec une confiance accrue dans ses capacités d’influer sur son environnement. L’indépendance se situe aux antipodes du repli neutraliste et surtout, elle permet d’organiser la riposte aux principaux périls qui guettent l’activité mutualiste : la défiance persistante des pouvoirs publics, le reflux du niveau de protection légale et l’agressivité des entreprises d’assurances commerciales stimulée par chaque recul social.
Désireuse dans ce contexte de rassembler toutes les forces mutualistes, surtout au sein des entreprises, la FNMF recherche les modalités d’un rapprochement avec la Fédération nationale des mutuelles ouvrières (FNMO), devenue depuis 1968 la Fédération nationale des mutuelles de travailleurs (FNMT). En 1976, année marquée par un rude affrontement entre la Mutualité et l’intolérance gouvernementale sur la question des pharmacies mutualistes, une première tentative unificatrice se traduit par un échec. Un quart de siècle sera nécessaire pour que le processus unitaire aboutisse, en 2002.
A la fin de la décennie 1980, deux familles mutualistes parmi les plus importantes, la mutualité des fonctionnaires et les caisses chirurgicales mutualistes, modifient leur appellation afin de s’adapter au mutations de l’environnement sans remettre en cause l’unité du mouvement mutualise. En 1988, la FNMFAE devient la Mutualité fonction publique (MFP) et, en 1989, l’UNCCM prend le nom de Mutualité interprofessionnelle, puis de Fédération nationale de la mutualité interprofessionnelle (FNMI), en 1993. Le nouveau Code de la mutualité (avril 2001) rend nécessaire la rénovation de l’architecture fédérale. Si le principe posé en 1904 au VIIIème congrès national de Nantes “ La Fédération sera la conscience active de la Mutualité toute entière ” conserve sa pleine validité, les conditions de son exercice vont devoir sensiblement évoluer.
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