Les mutualistes restent longtemps rétifs devant cette évolution : ils se félicitent du fait que, grâce à l’obligation, la protection sociale s’élargit mais redoutent les dérives bureaucratiques du tout État, loin des solidarités de proximité qu’ils pratiquent si bien. De plus, un système complet de l’obligation, comme prétend l’être la Sécurité sociale à sa création, ne risque-t-il pas d’ôter toute raison d’être à la Mutualité ?
C’est pourquoi l’obligation est si longuement discutée par les mutualistes. Le débat s’ouvre en 1904, lors du VIIIe congrès national à Nantes, où Léopold Mabilleau cherche, en vain, à les convaincre de son bien-fondé. En soutenant les Assurances sociales en 1923, la Mutualité reconnaît officiellement le principe de l’obligation mais les réserves restent très fortes dans ses rangs. En acceptant la Sécurité sociale en 1947, la Mutualité fait un pas supplémentaire dans cette direction. Toutefois, la Sécurité sociale ne supprime pas, il s’en faut de beaucoup, la protection sociale relevant de l’initiative volontaire. Par ailleurs, comme le montrent, actuellement, le désengagement de l’État et l’offensive des compagnies d’assurances, le principe de l’obligation ne risque-t-il pas d’être remis en cause ?
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