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Emergence de l'identité mutualiste
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Assurance ou prévoyance : sous le Second Empire, les deux termes sont indifféremment usités pour désigner ces pratiques qui, contrairement à l'assistance, mettent le bénéficiaire à contribution. La recherche de solutions pour mettre un terme à la question sociale n'amène pas immédiatement les réformateurs sociaux à trancher en faveur de l'une des deux voies, mutualiste ou assurantielle. On admet alors que l'économie sociale, qui a été introduite dans les Expositions universelles dès 1867 à l'initiative de Frédéric Le Play, englobe les activités des compagnies d'assurances. Il semble avant tout important d'encourager la prévoyance, qui responsabilise l'adhérent et soulage les finances publiques. Toutefois, face aux nombreuses faillites de sociétés de secours mutuels administrées de manière empirique, les personnalités proches des mutualistes plaident pour une rationalisation de la gestion par le calcul actuariel. |
Sous l'influence d'une partie des élites républicaines, les années 1880-1890 sont marquées par une convergence, qui tourne parfois à la confusion, de la mutualité et des assurances. Les promoteurs de la Ligue nationale de la mutualité et de la prévoyance, et de l'Institut des actuaires français, créés en 1890, exercent des responsabilités simultanément dans les milieux assurantiels et dans les sociétés de secours mutuels. L'analyse menée sur la nécessité d'une réforme des institutions de prévoyance amène en 1894 le gouvernement à envisager le transfert de la tutelle de la mutualité au ministère du Commerce. Ce projet est retiré, suite au refus du monde mutualiste de se voir ainsi assimilé au secteur lucratif. Il s'agit d'une première prise de conscience par les mutualistes français d'une identité différente de celle de l'assurance commerciale. |
En 1897, dans la Revue de la prévoyance et de la mutualité, Emile Cheysson, qui fut pourtant l'un des zélateurs de la confluence, doit reconnaître que "Les compagnies d'assurances s'inspirent de l'intérêt de leurs actionnaires et poursuivent un profit matériel, tandis que les institutions mutualistes ne recherchent d'autres bénéfices que celui d'aider leurs clients à lutter contre la maladie ou la vieillesse." |
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exposition 2006
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