Jusqu'à la fin des années 1970, le contexte de plein emploi et de prospérité économique permet aux mutuelles de conserver un monopole de fait dans le champ de la couverture complémentaire des salariés. La décennie suivante, en revanche, inaugure la dégradation du système de protection sociale philosophiquement et techniquement fondé sur la solidarité.
Simultanément, alors que les assureurs subissent la concurrence des mutuelles assurances (Maif, Macif...) pour l'assurance des biens des particuliers, et celle des compagnies étrangères européennes introduites sur le marché national par le biais de la libre prestation de services, ils perçoivent la complémentaire santé comme un produit d'appel intéressant auprès de catégories sociales choisies. Deux logiques s'affrontent alors clairement : celle de l'équité actuarielle, qui tend à attirer les clients solvables et potentiellement peu demandeurs de soins, et celle de la solidarité mutualiste, qui ne sélectionne pas les adhérents en fonction de leurs revenus, de leur âge ou de leur état de santé.
|