La mutuelle du personnel de la RATP



 
Centenaire 1895-1995

La Compagnie Générale des Omnibus – CGO – parisienne voit le jour en 1855. Dès son origine, les employés de la CGO bénéficient de consultations gratuites auprès des médecins du service médical de l’entreprise. Rien n’indique cependant que le salarié de la CGO recevra une indemnité journalière en cas de maladie ou une pension lorsqu’il n’est plus capable de poursuivre son travail.

Dès 1890 fonctionnera une caisse de secours alimentée par une cotisation ouvrière de 1 franc par mois et par les « amendes » infligées au personnel. Le malade touche alors les deux tiers de son salaire du 4ème au 60ème jour d’incapacité de travail.

Cinq ans plus tard, afin d’exercer eux-mêmes le contrôle sur la gestion des fonds, les salariés créent des sociétés de secours mutuels, soutenues par la compagnie. La « Fraternelle de Plaisance » est la première société de secours mutuels créée à la CGO, immédiatement suivie par chaque section du réseau d’exploitation, chefs de dépôts, piqueurs, conducteurs, cochers et employés de dépôts. Ces SSM sont cofinancées à part égale par le salarié et l’employeur. Rapidement, tramways et métro créent à leur tour leurs propres SSM au sein de leurs différentes compagnies. Dès la promulgation en 1898 de la Charte de la Mutualité, elles songent à s’unir. L’Union des SSM de la CGO sera constituée en 1908.


Survient un événement qui va avoir des conséquences importantes pour toutes ces SSM. En 1921, la création de la Société des transports en commun de la région parisienne – STCRP – a pour objectif d’homogénéiser les transports autour d’un seul opérateur. Le statut du personnel de la STCRP va modifier sensiblement leur fonctionnement. La STCRP verse désormais les indemnités journalières aux agents titulaires, les SSM remboursent les frais médicaux et pharmaceutiques, hors service médical gratuit. C’est un retour à la caisse de secours « patronale » d’avant 1895.

Dépassant leur esprit de corporatisme, les différentes SSM des différentes compagnies de transport en commun s’uniront. « La Fraternelle » ouvre même ses statuts aux femmes travaillant à la STCRP ainsi qu’aux femmes des agents. Le résultat financier permet alors l’étude de projets dœuvres sociales, comme la création d’un orphelinat, d’une maison de retraite et d’une maison de convalescence. Une première maison de retraite ouvrira à Gambais en 1924, l’orphelinat en 1925.


 


 

En 1936, un nouveau régime maladie pour les agents de la STCRP va décider de la fusion de « La Fraternelle » avec « La Bienfaisante ». En effet, la suppression de la gratuité des soins médicaux et pharmaceutiques touche de plein fouet le personnel non gradé. Il est donc urgent de créer une caisse maladie. La « Fraternelle – Bienfaisante » s’éteindra huit ans plus tard (1944) alors que l’on voit poindre la création de la RATP. On assiste alors à la naissance de la Société de secours mutuels du personnel du métropolitain, qui s’inscrit dans un ensemble où interviennent la Sécurité Sociale, la caisse de coordination, le Comité d’Entreprise. Ce rôle « auxiliaire » est bien loin de celui des « pionniers » de l’action sociale à l’origine.


En 1945, elle deviendra « Mutuelle du personnel de la RATP », gérant le tiers-payant pour l’adhérent devenu assuré social. Elle protège 85 à 95 % des agents actifs et retraités, soit en 1948, 46.000 sociétaires. Comme toutes les mutuelles, elle doit faire face au vieillissement de la masse des adhérents et réagir à la concurrence ouverte des compagnies d’assurance privées depuis les trente glorieuses…. Inventer de nouvelles prestations suivant « l’évolution » de notre protection sociale, mettre en place des allocations spécifiques de solidarité (mariage, naissance, décès, handicap…), entretenir et développer les réalisations sanitaires et sociales (orphelinat, maisons de retraite et de convalescence)…. Enfin, la création de son centre de soins mutualiste, quai de la Râpée, offrant à ses sociétaires des prestations d’avant-garde, tout en conservant une maîtrise des coûts, lui permet d’envisager avec optimisme son entrée dans son second siècle d’existence.


 

Lire "100 ans de jeunesse pérenne", Mathieu Bachelet, Mutuelle du personnel de la RATP, 1995



exposition 2006

clic pour imprimer