L’Ordonnance du 19 octobre 1945 portant statut de la Mutualité élargit sensiblement le champ et les conditions de création “ des œuvres sociales telles que dispensaires, maternités, consultations de nourrissons et, en général, toutes œuvres d’hygiène, de prévention ou de cure, ainsi que des pharmacies et des cabinets dentaires ”. Le Code de la Mutualité résultant de l’Ordonnance ajoute à cette liste, non exhaustive, la construction et la location de logements HLM. Deux caractéristiques importantes s’attachent à ce type d’institution : sa personnalité ne peut être distinguée de celle de son organisme fondateur et ses opérations doivent faire l’objet de comptes séparés.
En 1948, le XIXème congrès d’Aix-les-Bains fait le constat préoccupant de l’absence d’entreprises et de services à caractère médico-social dans 40 départements, handicapés par la faible densité de leur population. Le rapporteur salue la naissance d’une “ innovation assez hardie ” : la caisse autonome de répartition, destinée à s’insérer dans un dispositif national de réassurance aux cotés des caisses autonomes de capitalisation. En 1960, alors que les campagnes corporatistes de diverses professions de santé s’attaquent à l’existence même des organismes sociaux mutualistes, le congrès de La Baule se félicite de l’apport des unions techniques nationales rassemblant ces institutions au service de la défense des missions du mouvement mutualiste.
En 1967, le congrès de Saint-Malo passe à une phase plus offensive en définissant trois axes prioritaires : les personnes âgées, les handicapés et le secteur loisirs-vacances, dont l’Union nationale mutualiste loisirs vacances (UNMLV) vient d’être créée. Mais tout en visant au développement extensif de l’intervention médico-sociale des groupements, le congrès attire l’attention des mutualistes sur la nécessaire dimensions qualitative de cette démarche. Le label “ mutualiste ” ne peut, en effet, se justifier que dans la mesure où ces établissements s’affirment comme de véritables prototypes de l’innovation.
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