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Jusqu’en 1910, les mutualistes sont hésitants devant la future loi sur les Retraites ouvrières et paysannes (ROP) : ils redoutent que l’intervention, nouvelle, de l’Etat en ce domaine ne vienne empiéter sur leurs propres œuvres. Une question fondamentale se pose : qui gèrera ce nouveau système ? L’Etat hésite à confier aux mutualistes de grandes responsabilités dans ce dispositif alors que ces derniers expriment des réticences manifestes à prendre en charge cette première forme de système obligatoire qui va si fortement à l’encontre de leur philosophie. Léopold Mabilleau, le président de la FNMF, y est favorable mais il est en avance sur la majorité des mutualistes. Le discours flatteur tenu par les responsables politiques sur la Mutualité ne peut masquer les réticences de l’Etat à confier la gestion des ROP au mouvement, ce que René Viviani, ministre du Travail en 1910, regrettera publiquement trois ans plus tard.
Le bilan de la loi est mitigé : en 1912, elle profite à 2 650 000 personnes seulement. A cette date, la part des retraites dans le budget des sociétés de secours mutuels ne représente pas plus de 10 % de l’ensemble de leurs dépenses.
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