Histoire d'une mutuelle locale du Vendômois


La solidarité des plus riches envers les plus pauvres est à l’origine de la société de secours mutuels du Vendômois créée en 1849, trois ans avant la législation impériale. Vendôme avait perdu sa renommée royale d’avant la révolution et ce petit comté abritait alors une population d’ouvriers et de petits maraîchers dont le niveau de vie était souvent en-dessous du minimum vital. Pendant quarante ans, jusqu’à l’aube du XXème siècle, préfets, nobliaux et bourgeois, tous membres honoraires de la société de secours mutuels, aux cotisations aussi élevées que la limite de leur générosité, feront vivre « leur mutuelle », garantissant alors les soins médicaux et les frais funéraires des ouvriers. La bourgeoisie vendômoise, catholique, exerçait ainsi à bon compte la charité et se satisfaisait du « progrès social » qu’elle apportait à la population grâce au règlement très strict de la mutuelle : système de pénalités et d’amendes en cas de mauvaise conduite (alcoolisme, absentéisme ou retards aux assemblées…..).

Pendant plus d’un siècle, rien ne changera vraiment à La Vendômoise. Refusant à sortir de leur fief, impuissants à augmenter significativement le nombre de leurs membres dont ils veillent à ne pas trop grever le budget, fiers de leur utilité sociale, les membres honoraires récoltaient les fonds nécessaires à alimenter la société de secours mutuels maintes fois en difficulté, en organisant de grandes fêtes locales.

C’est mai 1968 et les revendications des ouvriers de la plus grosse entreprise de la ville (400 salariés), la société laitière vendômoise, qui feront évoluer la Vendômoise. Ces ouvriers et employés souhaitent bénéficier des avantages d’une mutuelle. Malgré la concurrence, la Vendômoise emportera le marché, et couvrira ensuite les risques chirurgicaux.. A l’aube des nouvelles directives européennes, en 1993, la Vendômoise compte 3500 adhérents sur la seule ville de Vendôme.

Mais trop petite pour s’être constitué d’importantes réserves comme l’exige le nouveau code européen de la mutualité, La Vendômoise a dû transférer ses fonds et ses adhérents dans le giron de Touraine Mutualiste, l'union départementale.





Avant la seconde guerre mondiale, en 1938, la Fédération Nationale de la Mutualité Française réunissait son plus fort potentiel de « mutuelles de base », plus de 31.000 mutuelles. Aujourd’hui les regroupements nécessaires à la survie de la mutualité et de ses valeurs ont recomposé les schémas locaux et fait disparaître ces petites sociétés locales qui constituent notre histoire.


 coll. Wikipedia


expo 2007

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