VERMONT Henri



 

Né en 1836 à Rouen, Henri Vermont est avocat dans cette ville puis quitte le barreau en 1900 pour se consacrer à l’action mutualiste.

Profondément patriote et chrétien, il devient en 1872, président de l’Emulation chrétienne de Rouen qui admet, situation alors relativement rare, les femmes en mutualité. Cette société est un modèle sur le plan régional, national et international : en 1893, le pape Léon XIII lui rend hommage dans son encyclique Rerum novarum. Devenu un mutualiste reconnu, Henri Vermont intervient à partir de 1883, à tous les congrès mutualistes nationaux. En 1901, il fonde l’Union mutualiste de la Seine-Inférieure et de l’Eure puis à partir de 1908, il préside la Fédération mutualiste de Normandie.


Vice-président de l’Union nationale des présidents de sociétés de secours mutuels en 1902, il est, la même année, un des fondateurs de la FNMF ; il en devient un des vice-présidents en 1904 et le restera jusqu’à sa mort.

Durant toute sa longue vie, Henri Vermont est un défenseur ardent de la prévoyance libre et s’oppose à toute convergence juridique entre mutuelles et compagnies d’assurance. Dès 1918, il s’inquiète des projets sur les Assurances sociales. Il déplore le fait que l’on veuille “implanter… en France la despotique organisation allemande de la prévoyance en réduisant les sociétés de secours mutuels à n’être que les satellites et les fonctionnaires de l’Etat ” ; il rend d’ailleurs Léopold Mabilleau responsable de la greffe de ces “ idées allemandes ”. Jugeant que la mutualité doit se consacrer uniquement à la prise en charge du secours de la maladie et des pensions de retraite, il ne sait pas discerner les mutations sociales profondes qui, amorcées au tournant du siècle, se sont accélérées depuis 1918. Mais ses positions sont devenues minoritaires chez les dirigeants mutualistes.

Henri Vermont meurt en 1928, année du vote de la loi sur les Assurances sociales qui entrent en application deux ans plus tard.




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